Hammam

Depuis le 07 décembre, On a chaud. On étouffe et on transpire à grosses gouttes (de partout). Ce début d’été austral ne me présage rien de bon pour janvier et février, pic de la saison où les températures sont au plus haut. La chaleur est quasiment dans toutes les conversations. On demande aux locaux et à ceux qui sont ici depuis des années comment ils font pour s’habituer. Ils ne s’habituent pas, ils supportent. Et ils supportent moins bien les années passant.

Une semaine que les Réunionnais suffoquent. Ventilateurs et brasseurs d’air tournent à fond. Matin et soir, les 500 mètres aller-retour pour accompagner les enfants à l’école sont devenus un effort quasi surhumain, sans parler de cette peau poisseuse que l’on traîne jour et nuit.

Je me liquéfie au moindre mouvement. La douche terminée, nous sommes à nouveau trempés quelques minutes après s’être rhabillé. On transpire de partout. Je glisse sur la cuvette des toilettes. Je transpire de la moustache (non, je n’ai pas encore de moustache), mon dos est une cascade. Imaginer entrer dans une voiture qui est restée au soleil est décourageant. Je plains monsieur qui a passé presque deux heures dans un car sans climatisation (en panne), et sans possibilité d’ouvrir les fenêtres. L’allée centrale était une rivière de sueur.

La tenue idéale : short et débardeur ou robe. On en est à faire le ménage en sous-vêtements. On pense pouvoir se rafraichir dans la piscine. Lorsqu’elle est encore à l’ombre le matin ça le fait, en plein après-midi elle est à 31°. On recherche l’ombre des palmiers. Casquette, lunettes et tee-shirt anti-uv sont de rigueur. Le soleil ne caresse pas, il mord.

Aller faire les courses est presque un plaisir grâce aux climatisations des magasins (sauf qu’il faut passer par la case « voiture surchauffée »). Le froid des rayons fromages et desserts est vivifiant.

La priorité de ces derniers jours est de faire des courants d’air dans la maison, sans que les moustiques entrent. J’avais posé des moustiquaires aux fenêtres à notre arrivée, il restait à trouver une solution pour les baies-vitrées. Nous avons construit des cadres en bois adaptés à nos ouvertures. Deux sur quatre sont posés. Encore un peu de courage (et des litres de sueur) pour les deux autres. Il restera à trouver une solution pour se protéger des moustiques sur la terrasse.

« Depuis samedi dernier, beaucoup de Réunionnais sont passés en mode survie et limitent leurs déplacements pour échapper à cette chaleur intense. Il n’est pas rare de croiser une gramoune (grand-mère) armée de son chapeau, de son parapluie et de sa petite serviette avec laquelle elle se tapote régulièrement le visage. L’été est bien là, il n’y a aucun doute !

Mais ce début d’été austral 2019-2020 sort du lot ! Ce mardi 10 décembre, plusieurs records de températures maximales ont été battus.

Ce vendredi 13 décembre, sur tout le littoral de La Réunion, on a dépassé les 30°C. Jacques Ecormier, chef prévisionniste à Météo France explique que ces températures élevées n’ont rien de classique « ce n’est pas normal pour la saison, les températures sont bien supérieures au moyennes. Entre 1 et 3 degrés plus élevées sur le littoral et entre 2 et 5 degrés dans les hauts. » détaille le prévisionniste.

Jacques Ecormier ajoute que les températures de nuit sont aussi supérieures de 1 à 3 degrés voire 5 dans les hauteurs.

Cette sensation de chaleur intense est accentuée par deux autres facteurs : l’humidité de l’air et le manque de vent. « Toutes les conditions sont réunies » poursuit Jacques Ecormier. « Et c’est bien là le problème » pourrait-on ajouter !

En ce moment, l’humidité de l’air est située entre 70 et 80%, d’où cette impression de suffoquer. Et malheureusement, ce pourcentage peut encore grimper, c’est ce qui s’est passé dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, l’humidité dans l’air était entre 80 et 90%.

Pour le vent, dire qu’il n’y en a pas serait faux « en ce moment, c’est de l’air chaud, – un vent de nord venu des régions équatoriales – qui souffle sur La Réunion. Cette brise chaude ne rafraîchit absolument pas l’atmosphère, bien au contraire » indique Jacques Ecormier.

Des températures très élevées, un taux d’humidité qui monte jusqu’à 90%, tout cela agrémenté d’une brise chaude, voici les ingrédients de ce cocktail détonnant qui fait de ce début d’été austral un véritable calvaire. Mais cet épisode devrait se terminer d’ici peu. Il faudra encore tenir ce week-end et lundi, ensuite, place à une météo plus clémente. »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s